Au cours d'une conférence organisée par l'Association des Amis de Tel Aviv en Espagne célébrée hier au Palais des Congrès.

Torremolinos, 10 juin 2016: Au-delà du phénomène d'immigration que l'Europe affronte, le vieux continent fait face à un défi qui concerne sa propre identité commune et ses valeurs devant l'actuel mouvement migratoire. "Nous supprimons les frontières entre les pays, mais nous en mettons aux personnes", une contradiction dont souffre l'Europe communautaire dans laquelle, cependant, les Etats-Nations demandent à imposer leur politique d'immigration. 

Dans ce contexte, le continent accuse la réapparition des partis xénophobes, qui auparavant déclinaient, entrainant les mythes de suppressions d'emplois, les risques de la protection sociale ou de l'identité culturelle d'un pays associé à l'immigration. "L'actuelle immigration des musulmans provoque un important coup psychologique, mais c'est un sujet de coordination facile si on l'aborde depuis une politique transnationale et une position commune". "L'immigration est économiquement bonne. Son profit est supérieur au coût" dans une Europe qui vieillit démographiquement a un rythme accéléré.

Ainsi l'a défendu le professeur Alberto Spektorowski, de l'Université de Tel Aviv, au cours de la conférence "Impact socio-politique et culturel de la nouvelle immigration en Europe", célébrée hier au Palais des Congrès et Expositions de Torremolinos. Organisée par l'Association des Amis de l'Université de Tel Aviv en Espagne, en collaboration avec la Mairie de Torremolinos, le Maire de la localité, José Ortiz, a été l'hôte de la conférence à laquelle les professeurs José María Gay de Liébana (Université de Barcelone) et Teodoro León Gross (Université de Málaga) ont participé.

Ortiz a montré sa reconnaissance pour avoir choisi Torremolinos comme scène de ce débat notamment en ajoutant l'exemple "d'une ville ouverte, tolérante, multiculturelle et multiethnique, qui a la volonté de se positionner non seulement sur le plan touristique mais également culturel". Dans ce contexte il a justifié l'évolution de Torremolinos vers un nouveau model, "nous voulons être un musée ouvert où est exposé l'art et la culture avant-gardiste" et une ville en harmonie dans laquelle 21% de la population est étrangère, appartenant à plus de 170 nationalités et dont 45% de la population étrangère  est extracommunautaire.

De son côté, Patricia Nahmad, présidente de l'Association, a expliqué la fonction de son institution, chargée de renforcer les liens entre l'Université de Tel Aviv et l'Espagne. L'Université de Tel Aviv, la plus grande et complète d'Israël, qui se place actuellement en tête du classement des meilleurs universités du monde, est la seule et unique responsable d'étudier certaines maladies rares qui touchent la population de nos jours. Elle compte plus de 2 400 brevets enregistrés et parmi ses récentes innovations on y retrouve les traitements pour l'Alzheimer et Parkinson, l'ingénierie tissulaire pour les implantations et réparations d'organes, les méthodes non-invasives pour la détection du cancer telles que le processus "sous-marin".

"L'Europe se dirige vers un libéralisme radical et vers une démocratie protectionniste", une situation qui risque la "satanisation" de toute immigration, a averti Spektorowki.

Selon les prévisions, le mouvement migratoire entrainera l'intégration en Europe au cours de la période 2015-2017 de trois millions de personnes, a signalé le professeur Gay de Liébana, chiffre qui englobe les réfugiés, immigrants et ceux qui demandent l'asile.

 L'Europe représente "l'ElDorado" pour beaucoup d'immigrants économiques désespérés et "trouvent une Europe qui se situe à la croisée des chemins: elle ne sait pas où elle est, n'a pas d'identité claire, ne sait pas où l'on va et n'a pas de croissance économique durable". Gay de Liébana fait référence à la concentration de l'attention pour les organismes européens au problème de la Grèce, la stabilité de l'euro ou le possible Brexit pour expliquer le manque de réponse de l'Europe face à l'actuel phénomène d'immigration.

Dans cet esprit même du sentiment "d'abandon" que ressent le citoyen européen dans la défense des valeurs de l'intégration sociale et culturelle des immigrants, le professeur Léon Gross s'exprime "nous jouons avec de nouvelles dimensions qui nous coutent de sortir de l'Etat-Nation. Nous voulons faire des politiques d'immigrations depuis les Etats. Mais la nature propre de la migration dépasse la politique domestique et nécessite des politiques transnationales. Nous facilitons le commerce multinational mais nous limitons le mouvement des personnes. Nous évoluons dans de grandes contradictions." Indique-t-il.  

Juliette Ledreux

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